La route des vins de Provence désigne moins une route unique qu’un ensemble d’itinéraires qui traversent les appellations, du littoral des Maures aux Alpilles. Six parcours permettent de lire la carte du vignoble, chacun centré sur un terroir et ses villages.
Lire la carte des vins de Provence
Sur une carte, le vignoble provençal se présente comme une mosaïque. Les Côtes de Provence en forment la plus grande tache, du pays d’Aix à l’Estérel, avec cinq dénominations de terroir dessinées à l’intérieur. Les Coteaux Varois en Provence occupent le centre du Var, enclavés dans cette grande aire. À l’ouest, les Coteaux d’Aix-en-Provence couvrent l’essentiel des Bouches-du-Rhône viticoles, ponctués de petites appellations : Palette près d’Aix, Cassis sur la côte, les Baux-de-Provence dans les Alpilles. Bandol forme une enclave sur le littoral varois, et Bellet un îlot sur les collines de Nice.
Cette lecture aide à préparer un itinéraire : changer d’appellation, c’est souvent changer de sol, de climat et de style de vin en quelques kilomètres.
Six itinéraires à travers le vignoble
| Itinéraire | Villages repères | Paysage dominant |
|---|---|---|
| Littoral des Maures | Hyères, La Londe-les-Maures, Bormes-les-Mimosas, La Croix-Valmer | Schistes, pinèdes, vue sur les îles |
| Var intérieur | Pierrefeu-du-Var, Pignans, Le Luc, Les Arcs-sur-Argens | Plaines, terres rouges, massif au sud |
| Coteaux varois | Brignoles, La Celle, Correns, La Roquebrussanne | Collines calcaires, forêts, altitude |
| Bandol | Saint-Cyr-sur-Mer, La Cadière-d’Azur, Le Castellet | Restanques face à la mer |
| Sainte-Victoire et pays d’Aix | Le Tholonet, Puyloubier, Trets, Rians | Montagne calcaire, terres rouges |
| Alpilles | Les Baux-de-Provence, Saint-Rémy, Maussane | Crêtes blanches, oliviers, mistral |
Le littoral des Maures
Le parcours suit la côte entre Hyères et la presqu’île de Saint-Tropez, en traversant l’aire de la dénomination Côtes de Provence La Londe. Les domaines s’y succèdent entre la mer et le massif, souvent séparés par une simple haie. C’est l’itinéraire le plus fréquenté, et le plus chargé en été.
Le Var intérieur
Au nord des Maures, la route passe par Pierrefeu, Pignans et Le Luc, sur les terres de deux dénominations de terroir. Aux Arcs-sur-Argens, la maison des vins de l’appellation présente les vins des Côtes de Provence et sert de point de départ commode.
Les coteaux varois
Autour de Brignoles, la route monte vers des collines plus fraîches. L’abbaye de La Celle abrite la maison des vins des Coteaux Varois en Provence, et le val d’Argens mène à Correns et Châteauvert, entre falaises et rivière.
Bandol
Le vignoble de Bandol se parcourt en boucle depuis le littoral jusqu’aux villages perchés du Castellet et de La Cadière. Les routes y serpentent entre les restanques, avec la mer en contrebas.
Sainte-Victoire et pays d’Aix
Depuis Aix, la route du Tholonet longe Palette puis le pied de la montagne, dans l’aire de la dénomination Sainte-Victoire, avant de rejoindre le plateau de Rians et les Coteaux d’Aix.
Les Alpilles
Au pied des crêtes calcaires, les domaines des Baux-de-Provence alternent avec les moulins à huile. L’itinéraire peut se prolonger vers les Coteaux d’Aix, qui entourent le massif à l’est.
Combiner plusieurs terroirs en une journée
Les distances restent courtes en Provence, mais les routes de collines sont lentes. Une journée bien conduite se limite en général à un secteur et à deux ou trois domaines, pour prendre le temps de regarder les vignes autant que les caves. Certaines combinaisons se prêtent bien à une comparaison de terroirs :
- les schistes de La Londe le matin, puis la vallée du Réal Martin à Pierrefeu l’après-midi, pour mesurer l’effet de la distance à la mer ;
- les coteaux calcaires de Brignoles, puis les falaises du val d’Argens, pour comparer collines et fond de vallée ;
- Palette et le piémont de la Sainte-Victoire, deux appellations voisines aux règles très différentes ;
- les restanques de Bandol, puis le port de Cassis, deux petites appellations littorales tournées l’une vers le rouge, l’autre vers le blanc.
Les week-ends de printemps et d’automne, plusieurs communes organisent des marchés de producteurs ou des journées portes ouvertes dans les domaines. Leurs dates changent d’une année à l’autre et s’annoncent auprès des offices de tourisme locaux.
Choisir la saison
Chaque période a ses avantages. Le printemps offre des vignes en pleine pousse et des routes encore calmes. L’été attire la foule sur le littoral, mais les domaines de l’intérieur restent plus paisibles. Septembre est la saison des vendanges : le spectacle est vivant, mais les vignerons, très occupés, reçoivent moins facilement. L’automne, enfin, colore les feuilles de rouge et d’or, notamment sur les cépages noirs, et rend la lumière plus douce pour parcourir les coteaux.
Préparer ses visites
Les domaines fixent librement leurs jours et leurs heures d’ouverture, et beaucoup ne reçoivent que sur rendez-vous en dehors de la saison touristique. Il est donc utile de les contacter avant de se déplacer. Les maisons des vins et les offices de tourisme proposent des cartes et des listes de domaines ouverts au public.
- Désigner un conducteur qui ne boit pas, ou utiliser systématiquement le crachoir lors des dégustations.
- Prévoir de l’eau et limiter le nombre de visites dans la journée.
- Se renseigner sur l’accès aux massifs forestiers, fermés certains jours d’été en cas de risque d’incendie.
- Respecter les vignes : ne pas cueillir de raisin, ne pas circuler entre les rangs sans autorisation.
Une visite de vignoble se prête aussi à la découverte du patrimoine : chapelles rurales, villages perchés, bastides et sentiers balisés jalonnent la plupart des itinéraires. Les terroirs traversés, du schiste au calcaire, se comprennent mieux en marchant qu’en lisant une étiquette.
Sources : cartes des appellations établies d’après les cahiers des charges de l’INAO ; règles d’accès aux massifs forestiers (préfectures du Var et des Bouches-du-Rhône).