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Les Baux-de-Provence, une appellation des Alpilles très largement biologique

Les Baux-de-Provence, une appellation des Alpilles très largement biologique

Les Baux-de-Provence est une appellation d’origine contrôlée reconnue en 1995 pour les vins du massif des Alpilles, dans les Bouches-du-Rhône. Elle produit des rouges, des rosés et, plus récemment, des blancs, et se distingue par la part très élevée de ses domaines conduits en agriculture biologique.

Un vignoble au cœur des Alpilles

Les Alpilles forment une petite chaîne calcaire entre Avignon et Arles, aux crêtes blanches et découpées. Les vignes occupent les piémonts, autour des Baux-de-Provence, de Saint-Rémy-de-Provence, de Maussane, de Fontvieille et de Mouriès. Elles partagent l’espace avec les oliviers, très présents dans ce secteur qui possède aussi une appellation d’huile d’olive réputée.

Le climat est marqué par le mistral, qui souffle fort et souvent. Ce vent sec chasse l’humidité et limite les maladies de la vigne, ce qui facilite la culture sans produits de synthèse.

Une appellation pionnière du bio

Dès les années qui ont suivi la création de l’appellation, de nombreux producteurs des Alpilles ont adopté l’agriculture biologique, et certains la biodynamie. Aujourd’hui, une très large majorité des domaines de l’appellation sont certifiés, ce qui en fait l’une des appellations françaises les plus engagées dans ce mode de culture. Le mistral, l’ensoleillement et la faible pression des maladies expliquent en partie ce choix collectif.

Ce que la certification encadre

La certification biologique européenne s’applique au vignoble et au chai : elle interdit les produits de synthèse dans les vignes, encadre l’usage du cuivre et du soufre, et limite la dose de sulfites ajoutée aux vins.

Des sols calcaires et des cépages méditerranéens

Les sols des piémonts sont calcaires, souvent caillouteux, avec des éboulis au pied des falaises. Ils sont pauvres et drainants. Les rouges reposent sur le grenache, la syrah et le mourvèdre, avec du cinsault, du counoise et du cabernet sauvignon dans des proportions limitées. Les rosés suivent des règles proches. L’appellation s’est ouverte aux blancs, à base notamment de clairette, de grenache blanc et de rolle.

Les Baux dans le pays d’Aix

Bien que géographiquement à l’ouest d’Aix, les Baux sont souvent rattachés au groupe des appellations du pays d’Aix, présentées dans la rubrique Coteaux d’Aix-en-Provence. Leur terroir se rapproche de celui des Coteaux d’Aix, mais leurs règles de production, plus strictes, favorisent des rouges structurés. La minuscule appellation Palette offre un autre exemple de terroir très délimité.

Les blancs du massif ont aussi leurs cuvées repères, comme Aupiho, blanc qui reprend le nom provençal des Alpilles. La carte des appellations et IGP des Bouches-du-Rhône situe enfin les Baux parmi les autres vignobles du département, de Cassis à la Sainte-Victoire.

Découvrir les Alpilles

Les Alpilles forment un parc naturel régional. Le village des Baux, perché sur son éperon rocheux, et Saint-Rémy-de-Provence attirent de nombreux visiteurs. Les domaines viticoles du secteur fixent leurs propres conditions d’accueil, à vérifier avant de venir. L’accès aux massifs est réglementé en été par la préfecture selon le risque d’incendie.

Vignes et oliviers, deux cultures complémentaires

Dans les Alpilles, l’olivier occupe une place aussi importante que la vigne. Beaucoup de domaines produisent à la fois du vin et de l’huile d’olive, cette dernière bénéficiant de sa propre appellation. Les deux cultures se complètent dans le calendrier : les vendanges ont lieu à la fin de l’été, la récolte des olives en automne et en hiver. Elles partagent aussi le même terroir de calcaires et de cailloutis, et la même dépendance au mistral, qui sèche les cultures et limite les maladies.

Le mistral, allié du vigneron des Alpilles

Le vent du nord descend la vallée du Rhône et frappe les Alpilles de plein fouet, souvent plusieurs jours de suite. Il assèche le feuillage en quelques heures après une averse, ce qui prive le mildiou et la pourriture de l’humidité dont ils ont besoin. En contrepartie, il peut casser les jeunes rameaux au printemps et accentuer la sécheresse en été. Les vignerons palissent donc avec soin les jeunes plantations et privilégient des cépages qui supportent le manque d’eau, comme le grenache et le mourvèdre.

Sources : cahier des charges de l’AOC Les Baux-de-Provence (INAO), parc naturel régional des Alpilles.

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