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Bœuf bourguignon : quel vin pour la cuisson et lequel servir à table

Bœuf bourguignon : quel vin pour la cuisson et lequel servir à table

Pour un bœuf bourguignon, la tradition veut un vin rouge de Bourgogne, à base de pinot noir, à la fois pour la cuisson et pour la table. Un rouge du Sud souple, comme un rouge des Côtes de Provence ou des Coteaux Varois, peut aussi convenir, à condition d’éviter les vins trop tanniques.

Le vin de cuisson

Le bœuf bourguignon mijote longuement dans du vin rouge, souvent après une marinade. Le vin va se concentrer, perdre une partie de son alcool par évaporation et transmettre ses arômes et son acidité à la sauce. Il n’est pas nécessaire d’utiliser une grande bouteille, mais il faut un vin correct : un vin défectueux, piqué ou bouchonné, donnerait son défaut à tout le plat.

Ce qu’il faut chercher

  • Un rouge fruité, avec une acidité correcte.
  • Des tanins modérés, pour éviter une sauce astringente.
  • Un vin que l’on accepterait de boire.

Le pinot noir de Bourgogne, avec son fruit et sa légèreté, est le choix traditionnel. Un rouge du Sud souple, à base de grenache, fonctionne aussi, en donnant une sauce plus ronde.

Le vin à table

À table, l’idéal est de servir un vin de la même famille que celui de la cuisson, mais de meilleure qualité. Un bourgogne rouge, un mercurey, un givry ou une côte-de-beaune accompagnent naturellement le plat. Le pinot noir, avec ses arômes de fruits rouges et sa structure légère, s’accorde avec la viande fondante et la sauce réduite.

Et les rouges de Provence ?

Un rouge de Provence peut remplacer le bourgogne si l’on choisit un vin souple et fruité. Les rouges des Coteaux Varois en Provence, plus frais grâce à l’altitude, ou un rouge des Côtes de Provence à dominante de grenache, conviennent mieux qu’un rouge de garde de Bandol, dont les tanins fermes risquent de durcir l’accord. La page des vins rouges de Provence aide à distinguer ces styles.

L’alcool s’évapore-t-il vraiment ?

Une cuisson longue fait baisser la teneur en alcool, mais ne la supprime pas toujours entièrement : la part restante dépend de la durée, de la température et du récipient. Un plat mijoté plusieurs heures en contient beaucoup moins qu’une sauce réduite rapidement. Pour les personnes qui doivent éviter l’alcool, mieux vaut en tenir compte.

Une variante provençale

La daube provençale, cousine du bœuf bourguignon, se prépare elle aussi au vin rouge, avec des olives, des écorces d’orange et des herbes. Elle appelle naturellement un rouge du Sud. D’autres plats mijotés, comme le pot-au-feu, demandent des vins plus légers.

La marinade, étape facultative

Certaines recettes font mariner la viande une nuit dans le vin rouge avec des aromates : oignon, carotte, ail, bouquet garni. Cette étape attendrit la viande et parfume la sauce. Elle demande davantage de vin, d’où l’intérêt d’un rouge correct mais abordable. Le liquide de marinade, filtré, sert ensuite de base au mijotage. D’autres cuisiniers préfèrent faire revenir la viande puis la mouiller directement au vin, ce qui donne une sauce plus fruitée. Dans les deux cas, la qualité du vin se retrouve dans l’assiette.

Lardons, oignons et champignons de la garniture

La garniture classique du bœuf bourguignon associe lardons, petits oignons et champignons de Paris, ajoutés en fin de cuisson. Ces éléments renforcent les notes fumées et terreuses de la sauce, ce qui convient au pinot noir, dont les arômes évoluent vers le sous-bois avec l’âge. Avec un rouge du Sud, ils appellent un vin aux tanins fondus, pas trop jeune. Lorsque les champignons de Paris laissent place à des cèpes ou à des girolles, l’accord se déplace vers des vins plus évolués, comme l’explique la page sur les vins et champignons.

Réchauffé le lendemain, le plat gagne en intensité et sa sauce se concentre : un vin souple, servi vers 16 °C, garde alors l’équilibre de l’ensemble.

Sources : cahiers des charges des AOC Côtes de Provence et Coteaux Varois en Provence (INAO).

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