L’Angueiroun est un domaine viticole de Bormes-les-Mimosas dont une partie des vignes est plantée à quelques pas du rivage, sur la côte varoise. Ses vins relèvent de l’appellation Côtes de Provence et illustrent le terroir de schistes du littoral des Maures.
Planter la vigne au plus près de la mer
Peu de vignobles français touchent presque la mer. Sur la côte de Bormes, quelques parcelles s’en approchent au point que les embruns atteignent les ceps par vent d’est. Ce voisinage a des effets concrets : les températures varient moins qu’à l’intérieur, les nuits restent douces, et l’air chargé de sel durcit un peu le feuillage. Les vignerons doivent surveiller les vents violents, qui peuvent abîmer les jeunes pousses au printemps.
Le paysage, fait de pins, de chênes-lièges et de vignes en terrasses légères, est caractéristique du massif des Maures lorsqu’il rejoint le littoral.
Un sol de schistes et de quartz
Les sols proviennent de la décomposition des roches cristallines du massif. Ils sont filtrants, pauvres en matière organique et assez acides. La vigne y développe un enracinement profond. Cette sobriété du sol limite la vigueur des ceps et concentre les raisins, ce qui convient aussi bien aux rosés qu’aux rouges de garde moyenne.
Les cépages du littoral
- Le grenache et le cinsault, base des rosés, apportent fruit et souplesse.
- La syrah et le mourvèdre donnent structure et couleur aux rouges.
- Le tibouren, cépage historique du littoral varois, reste présent dans certains assemblages.
- Le rolle, appelé vermentino en Italie et en Corse, domine les blancs.
L’Angueiroun dans son appellation
Les vins du domaine suivent les règles des Côtes de Provence. Bormes-les-Mimosas étant comprise dans l’aire de la dénomination La Londe, certaines cuvées peuvent porter cette mention lorsqu’elles en respectent le cahier des charges. Les voisins immédiats, comme la Sanglière ou Léoube, partagent ce même environnement littoral.
Le rosé de bord de mer, un style à part
Les rosés issus de vignes proches de la mer sont souvent décrits comme frais et salins. Cette impression tient à l’équilibre entre une maturité régulière et une acidité préservée par les nuits tempérées. Le sel lui-même ne passe pas dans le vin ; c’est la sensation en bouche, vive et minérale, que les dégustateurs rapprochent du paysage. Ces rosés accompagnent naturellement les poissons grillés et la cuisine méditerranéenne, comme le montre la page sur l’accord avec la langouste et le homard.
Visiter le domaine
Le domaine se trouve sur la côte, à l’écart des grands axes. Les conditions d’accueil, les jours d’ouverture et les éventuelles visites guidées dépendent de la saison et se vérifient auprès de la propriété. La découverte d’un vignoble littoral se prête bien à une promenade à pied ; pour la dégustation, le crachoir permet de goûter sans risque avant de reprendre la route.
Le chêne-liège, voisin de la vigne
Autour des parcelles de la côte de Bormes, le chêne-liège reste très présent. Son écorce épaisse, prélevée à intervalles de plusieurs années sans abattre l’arbre, a longtemps fourni les bouchons de la région, et le massif des Maures a compté de nombreux bouchonniers. Aujourd’hui, cette activité a beaucoup reculé, mais les suberaies continuent de structurer le paysage et de protéger les sols contre l’érosion. Pour le visiteur, ces arbres au tronc rougeâtre, fraîchement écorcés, signalent la proximité immédiate des vignes et rappellent que la viticulture des Maures s’est construite au milieu de la forêt.
Sources : cahier des charges de l’AOC Côtes de Provence et de la dénomination La Londe (INAO).