Le château de Léoube est un vaste domaine agricole de Bormes-les-Mimosas, au bord de la mer, qui associe vignes et oliviers. Ses vins relèvent des Côtes de Provence et sont issus d’un vignoble conduit en agriculture biologique, sur le littoral des Maures.
Un domaine agricole plus qu’un simple vignoble
À Léoube, la vigne n’est qu’une partie du paysage. Le domaine s’étend de la mer jusqu’aux collines, entre plages, pinèdes, oliveraies et parcelles de vigne. Cette diversité est typique de la Provence ancienne, où les propriétés vivaient de plusieurs cultures complémentaires. L’huile d’olive y tient une place comparable à celle du vin.
Cette organisation a un intérêt agronomique : alterner les cultures, garder des haies et des bosquets, préserver des espaces naturels favorise la biodiversité et limite certains parasites.
La culture biologique sur le littoral
Le domaine est conduit en agriculture biologique. Les sols sont travaillés sans herbicide, la protection de la vigne repose sur les produits autorisés par le règlement européen, et la fertilisation fait appel à des apports organiques. Sur ce littoral ensoleillé et venté, les conditions sont favorables, même si les années humides demandent une grande vigilance face au mildiou.
Des sols de schistes
Comme sur toute la côte de Bormes, le vignoble repose sur les roches cristallines du massif des Maures. Les sols sont minces, filtrants et pauvres, ce qui limite naturellement la vigueur de la vigne et la quantité de raisin.
Léoube et ses voisins de la côte
Le littoral de Bormes réunit plusieurs domaines tournés vers la mer, comme l’Angueiroun et la Sanglière, tandis que le château de Brégançon occupe la plaine voisine. Tous partagent les mêmes atouts naturels ; leurs différences tiennent à l’exposition des parcelles, à l’âge des vignes et aux choix de vinification.
Des vins de terroir littoral
La production comprend des rosés, des rouges et des blancs, dans les cépages de l’appellation. Les rosés y sont majoritaires, comme ailleurs en Provence. Les rouges profitent de la chaleur pour mûrir pleinement, et les blancs de rolle gardent une belle fraîcheur grâce aux nuits tempérées. La gamme, les assemblages et l’évolution des cuvées se consultent auprès du domaine.
Pour situer ces vins dans l’ensemble régional, la rubrique consacrée à la dénomination Côtes de Provence La Londe présente le terroir et les règles de production de ce secteur.
Un paysage à préserver
La côte varoise est soumise à une forte pression touristique et immobilière. Les grands domaines agricoles comme Léoube contribuent à maintenir des espaces ouverts entre les zones urbanisées, avec des vignes et des oliveraies qui structurent le paysage. Ils jouent aussi un rôle face aux incendies, en entretenant des coupures cultivées au milieu du massif boisé.
Le littoral entre Bormes et Le Lavandou reste ainsi l’un des rares secteurs de la côte varoise où l’on peut encore voir des vignes descendre jusqu’aux plages.
Les conditions de visite, l’accueil au caveau et les éventuelles activités proposées par le domaine se vérifient directement auprès de lui ; la dégustation se fait avec modération.
Entre Cabasson et le cap Bénat
Le domaine occupe une portion de côte entre le hameau de Cabasson, rattaché à Bormes-les-Mimosas, et le cap Bénat. Ce secteur reste peu bâti, ce qui lui conserve un caractère agricole devenu rare sur le littoral varois. Les chemins côtiers permettent d’en longer une partie à pied, entre criques et pinèdes. Plus à l’est, Le Lavandou marque le retour à une côte urbanisée. Pour l’amateur de vin, ce rivage illustre le paysage que décrit la dénomination La Londe : des schistes, la mer à l’horizon et des vignes encadrées de forêt plutôt que de lotissements. Il montre aussi ce que la vigne protège : sans elle, ces terres auraient sans doute connu le même destin que les collines voisines.
Sources : cahier des charges de l’AOC Côtes de Provence (INAO), règlement européen de l’agriculture biologique.