Le vin de Cassis est le vin de l’AOC Cassis, reconnue en 1936 et limitée à la seule commune de Cassis, à l’est de Marseille. Ses blancs, à base de marsanne et de clairette, forment l’essentiel de la production, à côté de rosés et de quelques rouges.
À ne pas confondre avec la crème de cassis
Le nom prête souvent à confusion. Le vin de Cassis vient d’un port des Bouches-du-Rhône et n’a aucun lien avec le cassis, petit fruit noir dont on tire la crème de cassis, spécialité de Bourgogne. Le premier est un vin d’appellation, issu de raisins ; la seconde est une liqueur de fruits. Les deux ne se croisent que par homonymie, et la commune provençale tire son nom d’une racine ancienne sans rapport avec la baie.
Un amphithéâtre de vignes au-dessus du port
Le vignoble occupe un cirque de collines qui entoure le port, entre le massif des Calanques à l’ouest et le cap Canaille à l’est. Ce cap, dont les falaises comptent parmi les plus hautes de France, abrite les vignes des vents d’est. Au nord, la route de la Gineste et les reliefs du Puget ferment l’horizon. La vigne s’étage en restanques sur les pentes, souvent à quelques centaines de mètres de la mer, au milieu des pins et des maisons.
La création du parc national des Calanques, en 2012, a renforcé la protection de ce paysage. Le vignoble, cerné par l’urbanisation et par les espaces naturels, ne peut guère s’étendre : sa surface reste modeste, et chaque parcelle compte.
Des sols calcaires sous un climat marin
Les sols de Cassis sont calcaires et marneux, souvent caillouteux, issus des roches blanches qui forment les calanques. Ils sont pauvres et filtrants. Le climat est méditerranéen, ensoleillé et sec, mais la mer toute proche tempère les étés et le mistral assainit les vignes. Cette combinaison donne des raisins blancs mûrs qui gardent une certaine fraîcheur, ce qui explique la vocation blanche de l’appellation, rare en Provence.
Les cépages de l’appellation
Le cahier des charges de l’AOC encadre deux familles de vins :
- les blancs, fondés sur la marsanne et la clairette, complétées par l’ugni blanc, le bourboulenc et d’autres cépages blancs du Sud en proportion limitée ;
- les rosés et les rouges, issus surtout du grenache, du cinsault et du mourvèdre, avec la syrah et le carignan en appoint.
La marsanne, plus connue dans la vallée du Rhône, apporte du gras et des arômes de fruits blancs ; la clairette, de la finesse et des notes florales. Leur assemblage donne des blancs amples, peu acides, avec une finale souvent décrite comme saline. Les rosés suivent le style pâle de la région ; les rouges, rares, restent une curiosité locale.
Une appellation parmi les premières de France
Cassis figure parmi les toutes premières appellations d’origine contrôlée reconnues en 1936, l’année où le système a pris forme. Elle partage ce statut ancien avec quelques vignobles prestigieux, ce qui témoigne de la réputation acquise par ses vins bien avant le développement touristique du port. Le phylloxéra, à la fin du XIXe siècle, avait pourtant détruit le vignoble, replanté ensuite sur porte-greffes.
Avec Bandol, son voisin varois, Cassis forme l’un des rares secteurs du littoral provençal à disposer d’une appellation propre, distincte des grandes aires régionales. Les deux vignobles diffèrent cependant par leur couleur dominante : le rouge de mourvèdre à Bandol, le blanc à Cassis.
Les blancs de Cassis à table
Les blancs de l’appellation sont associés depuis longtemps à la cuisine de la mer : bouillabaisse, poissons de roche grillés, oursins, soupe de poissons. Leur rondeur répond au safran et à l’huile d’olive, leur finale saline à l’iode. Ils se servent frais, entre 10 et 12 °C. Les accords avec les coquillages et les plateaux sont détaillés dans la page sur le vin pour les fruits de mer, et les autres blancs de la région dans celle des vins blancs de Provence.
Situer Cassis dans les Bouches-du-Rhône
Cassis appartient au groupe des appellations de l’ouest provençal, avec Palette, les Baux-de-Provence et les Coteaux d’Aix, présentées dans la rubrique du pays d’Aix et de ses appellations. La carte des vins des Bouches-du-Rhône la replace parmi les vignobles du département. Les domaines de Cassis sont peu nombreux et fixent eux-mêmes leurs jours d’accueil ; en été, le centre du port est souvent fermé à la circulation.
Ce que l’on lit sur une bouteille de Cassis
L’étiquette porte le nom de l’appellation, Cassis, accompagné de la mention d’appellation d’origine protégée ou contrôlée. Le nom de la commune se confond ici avec celui de l’appellation, puisque l’aire ne déborde pas des limites communales. La couleur se lit à la bouteille et au vin lui-même : les blancs sont souvent présentés dans des flacons clairs, qui laissent voir leur teinte dorée pâle. Le millésime renseigne sur l’âge du vin ; la plupart des blancs se boivent dans leurs premières années, mais certains domaines élèvent des cuvées capables d’évoluer plus longtemps, avec des notes de miel et de fruits secs.
Trois questions sur le vin de Cassis
- Le vin de Cassis est-il toujours blanc ?
- Non, mais le blanc domine nettement la production. L’appellation produit aussi des rosés et une petite quantité de rouges, issus des cépages noirs du Sud.
- Pourquoi les blancs de Cassis sont-ils si ronds ?
- La marsanne et la clairette sont des cépages à acidité modérée, qui donnent du gras. Le soleil et les sols calcaires renforcent cette ampleur, que la proximité de la mer équilibre par une finale saline.
- Cassis fait-il partie des Côtes de Provence ?
- Non. Cassis est une appellation indépendante, avec son aire et son cahier des charges. Elle est entourée par l’aire des Côtes de Provence, sans en faire partie.
Sources : cahier des charges de l’AOC Cassis (INAO), parc national des Calanques.